. En 69 ? J'étais à Woodstock .


Bon, en fait, vous vous en doutiez, c'est pas tout à fait vrai.
Je ne suis pas vraiment allée à Woodstock.
Pour être honnête je ne sais plus si tout ça se passe en 1996 ou 1997, c'est une periode musicale un peu floue, quelque part entre Doc gyneco, Nirvana, Pulp, Radiohead et Bob Dylan. (je n'ai pas peur des aveux)
Il y a 12 ou 13 ans donc, quand j'ai dépoussiéré le fameux documentaire de Michael Wadleigh : C'était mon Woodstock à moi.

Les copains et moi en 69

Depuis je l'ai regardé plusieurs fois, alors je ne sais plus trop si la première fois je me suis enfilée les trois heures d'une traite un samedi après midi, ou si la première fois c'était quand je le regardais par petit bout en rentrant de l'école.

En revanche je me souviens nettement de Richie Havens, de ses bagues à tous les doigts, de cet air habité, de toute cette sueur et de tous ces gens qui se lèvent.

Je me souviens de Joe Cocker que je reconnaissais pas trop parce que je le connaissais avec 20 ans de plus et de son jeu de scène d'épileptique. De Jimi Hendrix forcement.
Je me souviens de ce montage qui me rendait folle parce qu'une image m'échappait toujours, et que j'avais envie de voir les visages de tous les gens qui étaient là. Ça vient peut-être de là, mon plaisir à regarder le public pendant un concert.

Je me souviens de gens qui escaladent des grillages, de gens à moitié à poil, d'un type qui donne des bons conseils à tout le monde, de cette voix dans le micro qui parle des hélicos qui sont nos amis et qui hurle « Mister Richie Havens ».

Je me souviens des Who de Roger Daltrey, que je trouvais plutôt sexy avec son truc à frange
Je me souviens de Joan Baez qui parlait de son mari en prison, je la trouvais un peu chiante
Je me souviens de Ten Years After .,une piste de air guitar en puissance.

Bref, l'important c'est que c'est cette année là que j'ai acheté mon premier best of de Bob Dylan et de Janis Joplin.
C'est cette année là que j'ai acheté à prix d'or mes premiers vynils de Deep Purple dans un vide grenier de ma banlieue et que j'ai laissé tomber Doc Gyneco (bon mais personne le connaissait je vous jure).

C'était la mode des jeans stretch et encouragé par la soeur ainée, j'ai commencé à porter des pattes d'eph, des converses rouges et les cheveux hirsutes. Mes copains de classes faisaient des gros yeux.
Ma mère me disait « tu vas pas sortir comme ça, tu es coiffée comme Joan Baez », en réalité, c'était plus Janis Joplin. (Peur de rien n°2).
Je disais à tout le monde que j'aurais tellement aimé vivre dans les 70s et que peaceandlove.
Tout ça c'est pour dire que cette vidéo c'était un peu un tournant dans mon évolution musicale, et même quand deux ans après je me suis mise à écouter du black métal (Peur de rien n°3) et que les copains de classes faisaient des yeux encore plus gros, j'avais encore mes pattes d'eph' et Deep Purple sur la platine.

Quand je repense aux compils "tubes des tubes", je me dis que mes parents ont pas fait grand chose pour mon éducation musicale, puis parfois je me souviens qu'ils ont intelligemment glissé cette K7 dans notre vidéothèque.

Ça ressemble un peu à une de mes rubriques "hommage", c'est un peu parce que Doc Gyneco et le black métal c'est fini. C'était pas juste pour faire mon intéressante avec mes bêtes anecdotes, mais aujourd'hui, sans Woodstock je serais peut-être en train de porter une chaine autour de mon cou et de faire wesh en écoutant M.Pokora.


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