22 juillet 2008

. Moving | In Pictures : Antilles @ Nuits des arts sacrés .

La Nuit des arts sacrés était un événement sur deux jours, pleins de conférences, de concerts et avec une exposition. Le genre d'événement enthousiasmant qu'on attend et qu'on espère.
Celui ci avait quelque chose de plus, un caractère atypique certains puisque tout se passait à l'Eglise St Eustache.

Vendredi 20 juin, veille de fête de la musique.
Je suis quelque part, Porte des Lilas, pour un autre événement que j'attends depuis longtemps : Banjo or Freakout, en concert à l'Appart. J'ai déjà dit que le moins de juin a été assez exceptionnel en terme de catastrophe de dernière minute. Ne dérogeant pas à la règle, ce début de soirée m'offre un concert transformé en apéro sauvetage et la mine déconfite d'Alessio dont les bagages et tout le matériel sont, on ne sait ou, à Nice.
Alors il restait cette Nuit des arts sacrés, comme une chose à laquelle on se raccroche en fin de soirée dans l'attente d'une étincelle musicale.

Bon an, mal an, on arrive à 23h30 à l'Eglise pour entendre les dernières notes du set de Charlemagne Palestine. Raté, puisque c'est eux que je voulais voir.
Je me dis un peu que la catastrophe continue sauf que le nom et la composition du groupe suivant m'avait échappé d'abord : Antilles, trio composé de membres de Sister Iodine et de... Jérome Lorichon qui n'est autre que la moitié de Berg sans Nipple. Quand on sait l'amour que je porte à leur musique on imagine bien ma joie.
Prendre sur soi donc, et attendre 1h30 du matin pour le concert suivant, alors que la fatigue se fait sentir. Certains sont avachis sur des chaises, endormis. On scrute les plafonds et l'orgue pour faire passer le temps. Des hommes chapeautés boivent dans un coin, rien de bien chrétien .
Et finalement. Raide sur ma petite chaise en bois aussi confortable qu'un prie dieu, me délecter de ce capharnaüm qui semble presque indécent dans cette église.
Ils n'ont l'air de rien au pied de l'orgue mastodonte, à taper frénétiquement de la baguette et des doigts .
Il y a cette fille au premier rang pieds nus qui persiste à gesticuler, avec un rythme qui n'existe pas, avec l'envie de soulever les foules. Il y a la fatigue et le caractère lancinant de la musique, l'apesanteur, être hors du temps dans ce lieu aussi figé.


Il devait être près de 2h du matin quand nous avons quitté l'Eglise, comblés pour certains. Après avoir perdu la notion du temps, et de celui qu'il fait dehors, retrouver la chaleur saisissante et les réalités brutes, les cris de Montorgueil et les palpitations du métro.

voir aussi : Antilles @ Festival Dokidoki (Point Fmr)

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