27 avril 2009

. Soirée de poche #9 : Andrew Bird & St Vincent .

Je ne suis pas la seule à le dire, les dimanche sont des jours perdus d'avance. Celui ci était perdu-gâché, pour une bonne raison : l'impatience.
L'impatience d'une 9ème soirée de poche, avec Andrew Bird et St Vincent.

Je ne vais pas rentrer dans les détails des setlist, on était bien au dessus de ça. Andrew Bird aurait pu jouer, siffler, chanter n'importe quoi que j'aurais toujours eu ce sourire béat accroché au visage.


Bird (maigre comme un coucou, et s'il ne sifflait pas si bien, on aurait une autre explication du patronyme) c'est le marin luthier, celui dont les mains ont l'air abimées par l'exercice du bois, celui qui a les yeux plissés par le soleil, qui a le regard qui pétille, celui du mec qui a vu un tas de trucs et qui t'enchante de ses récits.

D'ailleurs Bird pourrait se contenter de siffler. De toute façon c'était l'instant parfait, ce grand et bel appartement, baigné de la lumière d'un coucher de soleil inespéré. L'image de ces gamins dans la rue qui tournent bêtement autour de poteau avec leurs vélos alors que nous on vit un truc magique, les autres qui pleurent et moi qui me retient à trois reprises.



La dernière fois que ça m'était arrivée, en live, c'était pour Antony & the johnsons à l'Olympia. L'émotion qui fait tes jambes ne te portent plus. Ajoutez à ça le privilège d'être là, la proximité, l'intimité.

On a eu le temps de reprendre notre souffle, de nous remettre de nos émotions en attendant que St Vincent arrive de la Maroquinerie ou elle jouait juste avant. Je disais "elle sera pas en reste" mais je n'y croyais pas trop. Je pensais "ça sera joli" comme son concert au point éphémère ou je l'avais surtout trouvée gracieuse.
Je ne sais pas si on doit tout à Bird, à ses improvisations, à son talent, son oreille. Je ne sais pas si ça tient au fait que j'étais là juste derrière lui, que j'entendais les respirations du violon, que je voyais ses doigts courir, et que j'avais jamais vu ni entendu ça d'aussi près. Ou peut-être que c'était elle, belle et spontanée et élégante. Ou sa manière délicate de jouer de la guitare, ou sa voix, ou ce truc qu'elle dégage, si léger, qui te rend heureux comme après avoir regardé un bon Cukor 50's. Ou de voir que tout le monde souriait. Un happy ending qui n'en fini plus.



Il y avait surement un milliard d'imperfections mais ça n'avait vraiment aucune importance, on aurait pu continuer à les regarder tâtonner, chuchoter de la corde pendant des heures.

1 commentaire:

Benjamin F a dit…

Ca avait l'air génial, et je ne me lasse tellement pas de "Noble Beast"